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C’est en sachant les choses qu’on peut mieux les gérer
Je ne cherche pas à vous faire peur, mais à vous préparer

5 minutes pour comprendre

Comme l’écrivait BASTIAT*, qu’on ne s’y trompe pas :
« Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas ».
Puis « ce qu'en dit Alex », j’ai aussi ajouté.
Ce brave Alex Andrin, il faudra l’écouter.

 

*Frédéric BASTIAT
1801-1850. Economiste, homme politique et polémiste français, il développe une pensée libérale.
Dans ses nombreux écrits, il dénonce les raisonnements économiques erronés qui sont des vecteurs de préjugés répandus.

La fin des billets de banque

par dans Stratégie
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Ce que l’on voit :

Tout le monde a entendu parler un jour, de cette anecdote du contribuable mécontent de payer trop impôts, qui se présente au guichet de son centre des impôts, avec une brouette pleine de pièces de dix centimes d’euros pour acquitter son dû à l’administration fiscale.

Ce sera maintenant beaucoup plus difficile. En effet, la loi de finance rectificative pour 2013, prévoit qu’à compter du 1er janvier 2014, le plafond des règlements en espèces aux guichets des centres des impôts est abaissé de 3 000 € à 300 €.

Selon l’administration fiscale, « Cette mesure a pour objectif premier d’améliorer la sécurité des usagers et des agents en diminuant le volume des espèces manipulées ».

 

Cette chère, très chère, trop chère sécurité. En son nom, on nous impose de plus en plus de contraintes, évidemment pour notre plus grand bien.

Je ne vois pas clairement en quoi cette disposition législative améliore ma sécurité ou celle des agents de l’administration fiscale !!!

Pendant ce temps-là aux États-Unis, de plus en plus de biens immobiliers s’achètent 100 % en cash. La progression est impressionnante : A Brooklyn, 32 % des ventes ont été effectuées en cash en mars 2014 contre 20 % il y a quatre ans.

Passons maintenant au comble de la modernité. Qui ne rêve pas d’avoir le dernier smartphone d’APPLE : l’iPhone 6 ? Savez-vous qu’il est équipé, entre autres, d’une puce NCF, d’un capteur d’empreintes digitales, le tout permettant le paiement sécurisé sans contact ?

Quel progrès. Vous pouvez désormais, avec ce bijou de technologie, acheter sur l’iTunes Store, l’iBooks Store et l’App Store, rien qu’en touchant un bouton !!!.Fini les billets, finie la carte bancaire, relégués aux rangs d’antiquités.

Vous n’êtes pas un aficionado d’APPLE ? Rassurez-vous, Stéphane RICHARD, le PDG d’ORANGE, notre opérateur national, est persuadé du développement du « Mobile Banking » en France.

En février 2014, il a lancé le service Orange Cash à Caen et Strasbourg et il ne compte pas en rester là. Le choix de Strasbourg n’est pas anodin. En effet, cette ville est l’objet d’une expérimentation de la part du CIC et de la Société Générale qui ont lancé leur propre application de paiement sans contact dès septembre 2013.

 

Ce que l’on ne voit pas :

Toujours fidèle à notre approche : des faits, rien que des faits :

Revenons à la limite de 300€ en espèces, pour s’acquitter d’une dette au centre des impôts.

Au-delà de l'anecdote, ce ne sont pas que les impôts, taxes et amendes qui sont visés, mais aussi les factures hospitalières ou des collectivités locales et des établissements publics locaux qui sont concernés par cette mesure.

Une fois de plus, le législateur privilégie les moyens de paiements contrôlés par les banques, car cela permet aussi, de nous « pister » et surtout de nous rendre totalement dépendant.

La fin de la monnaie fiduciaire est programmée. C’était même un des sujets « chauds » du 44ème World Economic Forum de Davos qui s’est tenu en janvier 2014.

Selon Ajay BANGA, CEO de MasterCard, « le cash coûte à chaque pays entre 0,5 et 1,5 de PIB pour l’imprimer, le distribuer et le protéger. Un montant qui serait mieux utilisé à d’autres fins »

Grâce à MONEO, aujourd’hui, nous « n’avons plus besoin » de monnaie fiduciaire pour payer le stationnement dans Paris, notre billet de métro. C’est pratique de ne plus avoir besoin de monnaie….c’est vrai que ça déforme les poches !!!

MONEO, lancé en 1999 par les grandes banques françaises se flatte d’avoir comme « partenaire institutionnel »….le ministère des finances. Y aurait-il un intérêt commun entre ces entités à voir disparaitre nos espèces sonnantes et trébuchantes ?

Mieux encore. Savez-vous que déjà 40% des cartes bancaires sont équipées de la technologie de paiement sans contact ?

Vérifiez la vôtre. Si elle comporte ce pictogramme  picto  c’est le cas.

Rassurez-vous, la sécurité de ce moyen de paiement est assuré….c’est le groupe VISA Europe France qui vous le dit. Vous n’allez quand même pas croire toutes ces histoires de piratage de données informatiques !!

VISA, vous connaissez ? Créé en 1958 par la Bank of America, la « BankAmericard » est d’abord commercialisée dans toute la Californie.

C’est en 1977 qu’elle est rebaptisée « Visa ». En 2004 est créé Visa Europe, détenue et contrôlée par plus de 4000 banques européennes.

En 2010 le groupement Carte Bleue est racheté par Visa Europe pour devenir l’actuelle « Visa Europe France ».

En 2013, il y a 39 millions de cartes Visa en circulation en France. Plus de 22% des dépenses sont réalisées par la carte Visa.

C B

Dans un article du Financial Times en date du 28 mai 2014, l’économiste américain Kenneth Rogoff écrit « Le cash n’est pas adapté à un monde à la criminalité élevée et à l’inflation faible ».

Il propose tout simplement d’abolir la monnaie papier qui, à ses yeux, a l’immense inconvénient d’être « anonyme »

Qu’on ne s’y trompe pas, les arguments officiels pour limiter, voire supprimer la monnaie fiduciaire, que sont  la lutte contre l’argent sale, le blanchiment, la fraude fiscale…ne sont que des artifices.

Le monde politique s’est mis en position de débiteur du monde de la finance. Il ne peut rien lui refuser, pensant naïvement ainsi être associé au pouvoir que donne le contrôle de la monnaie.

Ce contrôle « doit être total », d’où les attaques continuelles contre la monnaie fiduciaire qui nous permet (pour combien de temps encore) de dépenser NOTRE argent comme bon nous emble, sans « laisser de traces ».

Face à nous, les forces sont considérables. Il y a le monde de la finance et le monde politique comme vu ci-avant mais aussi, ne l’oublions pas, le monde des grands groupes industriels et plus particulièrement ceux de la grande distribution.

Pensez donc, toutes les grandes enseignes ont leur département financier, véritables banques internes qui octroient : moyens de paiement, crédits, assurances…. Mais si, vous connaissez la carte Accord, fleuron de la Banque Accord, elle-même filiale à 100% du groupe AUCHAN.

Vous préférez CARREFOUR ? La carte Pass, vaisseau amiral de Carrefour Banque, vous offre les mêmes prestations.

Face à cette attaque en règle de notre liberté de dépenser notre argent comme bon nous semble, sans laisser de trace, non pas pour frauder, mais simplement pour ne pas « se sentir pisté », la parade est simple :

Rester insensible aux campagnes nous promettant « la modernité » (payer avec son smartphone), ou « la sécurité » (moins d’espèces sur soi = moins de risque d’agression).

A force de communications savamment orchestrées, nous arrivons à considérer comme normal que « les pouvoirs en place » fassent le nécessaire pour « nous faciliter la vie ». Il s’agit là de l’aliénation de notre liberté la plus élémentaire : Pouvoir disposer des fruits de notre travail sans avoir de comptes à rendre.

Dès le 17 septembre 2013, le premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahu, a créé un comité chargé d’étudier la disparition de la monnaie fiduciaire pour « lutter contre la fraude fiscale ».

Plus près de nous, en Norvège, l’association Finans Norge regroupant 200 établissements financiers norvégiens, dans une étude du 26 juillet 2014, avance que le pays pourrait se passer de monnaie fiduciaire d’ici 2020, constatant que « L'argent liquide n'est plus utilisé que dans 5% des transactions, et le liquide représente désormais une part si infime des échanges que le pays pourrait facilement s'en passer »

Autre phénomène, on voit émerger des « monnaies parallèles » tel le Bitcoin, le Litecoin, le Peercoin, ou encore le Namecoin. Toutes ces crypto monnaies proposent une alternative « libre » aux grands moyens de paiements en place.

En France, la disparition du cash n’est « actuellement » pas possible puisque les commerçants sont tenus d’accepter les paiements en liquide, à condition que le client fasse l’appoint et sans dépasser les limites au-delà desquelles le paiement par carte, virement ou chèque est obligatoire ( achats de plus de 3000 €)

Mentionnons pour l’anecdote, la tentative de la ville de Montreuil, en région parisienne, qui en novembre 2013 a lancé une monnaie parallèle « la pêche ». D’autres expériences marginales sont en cours à Toulouse et au pays Basque.

Si, d’aventure, la monnaie fiduciaire venait à disparaitre, cela ne se fera pas de façon instantanée. C’est pourquoi, je vous recommande de « mettre en sûreté » quelques bons billets en Euros……et pourquoi pas, en d'autres devises ?

Pour finir, je vous rappelle qu’il existe une monnaie parallèle potentiellement forte….l’or physique !!! Nous aurons prochainement l’occasion d’en reparler.

 

La monnaie fiduciaire, toujours tu garderas,
Du soi-disant « progrès », aussi te méfieras.
Au dictat de la mode, tu feras attention,
Pour mieux te protéger d’une confiscation.
Surtout, sois attentif à la publicité,
Souvent son objectif : te lobotomiser.
Garder ta liberté est un combat constant.

 

Commentaires

  • Invité
    LongueAttente vendredi, 21 novembre 2014

    Autre point : Plus de monnaie fiduciaire = possibilité d'imposer des intérêts négatifs sur tous les comptes, sans pouvoir y échaper en tant que particulier.

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Invité mardi, 25 avril 2017

Mon blog en quelques mots

Le blog d’
Horizon bien sombre, économie morose.
Une fois cela acté, il faut changer les choses.
Bâtissons maintenant, sur de nouvelles idées,
Et faisons, ensembles, bouger l’humanité.
Restons raisonnable, agissons pour demain,
Tout est alors possible, pour le bien de chacun.